24 octobre 2007

L'Ennemi Intime

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Hier soir, avec Daddy qui était de passage à Toulouse, nous sommes allés au cinéma. Au Gaumont, avec ses superbes fauteuils rouges, violets, jaunes et orange. Ses moquettes dans les mêmes tons et ses sièges on ne peut plus confortables ! Hummm, un délice ce cinéma !

Nous sommes donc allés voir L'Ennemi Intime, un film de Florent Emilio Siri avec Benoit Magimel, Albert Dupontel.
Et voici le résumé qu'en fait Allociné :

Algérie, 1959.
Les opérations militaires s'intensifient. Dans les hautes montagnes Kabyles, Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, un militaire désabusé. Leurs différences et la dure réalité du terrain vont vite mettre à l'épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu'ils n'ont comme pire ennemi qu'eux-mêmes.

Mon avis :

Je ne m'attendais vraiment pas à un film aussi intense, poignant.
Je suis ressortie de la salle silencieuse, sans trop savoir que dire. Un peu comme toutes les personnes présentes. Une sensation si rare, à la fois agréable et désagréable. Agréable pour la qualité du film, l'impression d'avoir assisté à quelque chose de grandiose. Désagréable parce que l'on ne peut qu'être retourné par ce que l'on vient de voir.

L'histoire d'abord, est vraiment bien traitée. On y voit arriver un tout nouveau lieutenant, Terrien (Benoit Magimel), pacifiste dans l'âme, il supporte mal les excès de violence de ses soldats. Petit à petit, on suit avec lui l'horreur de la guerre. Car au pays, on n'appelait pas encore ça comme ça, on parlait plutot de "maintien de l'ordre" et la population croyait encore en une force pacifiste qui serait présente uniquement pour assurer de meilleures conditions de vie aux Algériens. Cette vérité cachée est très difficile à supporter pour le lieutenant qui doit pourtant combattre le FLN.

Petit à petit, on voit Terrien évoluer. On y voir ses hommes tomber et sa personnalité se modifier. Les contradictions de ses convictions personnelles et de la situation se ressentent complètement. Et j'ai apprécier voir ce changement (magnifiquement joué, au passage).

On comprend, avec ce film, l'horreur de la guerre, mais pas seulement. On y comprend aussi pourquoi des hommes bons peuvent peu à peu sombrer dans cette barbarie. Y assister ou y participer, peu importe : on comprend facilement pourquoi ceux qui l'ont vécu en parle si peu. C'est douloureux, c'est violent, c'est encore si peu connu de tous. Rappelons au passage que la Guerre en Algérie fut reconnut par l'Etat français seulement en 1999. De quoi rester songeur.

J'aime cette sensation que laisse un bon film, des heures, voire des jours, après le visionnage. Pour moi, c'est une preuve de sa qualité. Et je pense ne pas me tromper en vous conseillant de vous précipiter dans les salles obscures pour juger par vous-même. Le devoir de mémoire c'est important. Quand il est incarné par de très bons acteurs, c'est une opportunité en or. N'hésitez vraiment pas !

Posté par calamityco à 20:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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